CONSEIL
CONSTITUTIONNEL
LA CONSTITUTION SENEGALAISE BAFOUEE
LE DROIT INTERNATIONAL CLOUE
C'est
moins l'acte rendu par le Conseil Constitutionnel sur le Recours
de Madame Aminata Mbengue Ndiaye députée du Parti
Socialiste appuyée par 11 autres député(e)s,
que les sophismes sur lesquels il s'est appuyé pour justifier
son rejet de la parité qui posent problème.
En
effet le Conseil Constitutionnel disant s'appuyer et se référer
à la Constitution Sénégalaise de 20001
et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,
dit que la loi sur la parité introduite sous forme de
projet par le Président de la République Maître
Abdoulaye Wade et votée par l'Assemblée Nationale,
suite à un long et méritoire combat, plaidoyers
et pressions de nombre d'organisations de femmes et d'une multitude
d'autres OSC et personnalités diverses du mouvement social
sénégalais portés au faîte par le
COSEF, est discriminatoire en ce sens qu'il promeut les intérêts
d'une catégorie sociale à savoir les femmes, au
détriment d'une autre catégorie sociale à
savoir les hommes, après avoir affirmé crânement
comme s'il s'agit d'une nouvelle découverte majeure,
que la constitution ne reconnaît que le citoyen.
Cette
décision appelle les clarifications et interrogations
suivantes :
La
Constitution Sénégalaise qui pour se hisser à
la hauteur des exigences du monde moderne en prenant en compte
les avancées démocratiques notées depuis
les années 60, mais surtout approfondies et mieux articulées
avec les années 80 et 90 suite aux alertes des peuples
et des Nations Unies (Communauté Internationale), pose
clairement dans son préambule les questions de genre
et inscrit la CDE et la CEDAW/CEDEF comme lois suprêmes,
consacre la reconnaissance des droits des citoyennes jusque
là bafoués et torpillés et par les législations
et par les juges dont l'une des vocations centrales à
coté de la préservation de la stabilité
de la société, devrait être l'ouverture
résolue vers l'avenir pour des libertés et droits
toujours plus élargis et toujours plus affirmés.
Selon
la décision du Conseil Constitution cénacle des
''sages'' : Quel(le)s Sages ? Sages en Quoi ?, la constitution
et la législation sénégalaise en intégrant
la CDE et la CEDAW/CEDEF tournent le dos à cette même
constitution, à cette même législation (corpus
juridique) au nom de qui (la) le juge est censé ''dire
le droit et rien que le droit, mais tout le droit''. Toujours
selon les ''Sages'', le Sénégal (ses différents
Etats et Gouvernements) en adhérant aux Traités
et Conventions de l'OIT, aux Recommandations de la Conférence
du Caire de 94 et surtout du Sommet Social de Copenhague et
de la Vième Conférence sur les Femmes et le Développement
de Beijing, a passé par pertes sa propre constitution.
La
Constitution Sénégalaise et les textes qui vont
être adoptés pour harmoniser la législation
nationale d'avec les engagements internationaux du Sénégal
et aussi pour renforcer l'Etat de Droit tout en garantissant
ses possibilités d'ouverture, sont conformes non seulement
à tout le corpus juridique, mais s'y inscrivent parfaitement
et aucun artifice juridique quelque éclectique qu'il
soit ne saurait y faire obstacle pour longtemps ''On n'arrête
pas la mer avec ses bras (AN avec ses intensions et appréhensions
propres).
Ainsi
les ''Sages'' du Conseil constitutionnel, bafouent non seulement
la constitution sénégalaise au mépris de
la légitimité de citoyennes qui constituent plus
de 51 % de la population totale du pays, mais en pire dénient
toutes légitimité au Droit International.
Au
plan stricte de la compréhension, c'est à se demander
si les ''Sages'' ont eu une bonne compréhension du français
en lisant le texte sur la parité tant dans son esprit
que dans son contenu. Si les ''Sages'' s'étaient contenté(e)s
de ressortir le caractère tronqué de la loi en
ce qui discrimine tous et toutes les citoyennes et citoyen éligibles
en conférant des droits à ceux et celles qui sont
sur les listes proportionnelles (nationales) et en déniant
ces mêmes droits à celles et ceux qui sont sur
les listes départementales, la totalité des citoyennes
et du peuple leur aurait tiré le chapeau pour leur pertinence
et leurs perspectives résolues vers le futur,. Mais là
c'est le caractère suranné de leurs regards de
résidu(e)s résolument tourné(e)s vers la
défense d'un passé à jamais révolu
qui transparaît et les indexe comme de vielles scories,
de vielles reliques historiques.
La
décision du Conseil Constitutionnel interpelle sur de
nouvelles avancées pour la démocratie qui se traduisent
au travers des interrogations suivantes :
Les
Expert(e)s Juridiques, les Magistrat(e)s aussi bien du Sénégal,
du monde entier, les citoyennes, citoyens et les peuples, en
dehors de nos fameux(se)s sages sont-ils et elles compétentes
et compétents pour écrire et traduire les textes
qui doivent les régir et structurer leurs modes et formes
de vie et de coopération ?
L'Assemblée
Nationale Française qui a adopté un texte de loi
sur la parité et les Juristes et Citoyen(ne)s Françaises
et Français sont t-ils et elles nul(le)s et opposé(e)s
à la Constitution Française qui s'adosse et se
réfère à la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme ?
La
Constitution des Etats-Unis d'Amérique, le Peuple Américain,
les Juristes et Citoyen(ne)s Américaines et Américains
qui parlent de ''Positive Acts'' sont t-ils et elles nul(le)s
et opposé(e)s à la Constitution Américaine
?
Le
Conseil Constitutionnel du Sénégal doit au moins
édifier le peuple sénégalais et le monde
sur tout cela.
Comment
doit t-on choisir les membres d'un Conseil Constitutionnel ?
Quels
Recours face à des arguties dites juridiques et de droit
d'un cénacle de ''Sages'' intéressé(e)s
et assagi(e)s ?
Non
Le Conseil Constitutionnel n'a pas dit le Droit !
Daouda
Diop
Consultant en DO&AI
Formateur / Evaluateur
Approche et Analyse Genre
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