Madame Ramata
Molo Thioune est administratrice de programmes au Centre de
recherches pour le développement international (Crdi).
Dans un entretien avec notre reporter, elle a campé
les enjeux de la conférence publique sur la décentralisation
et le droit des femmes qui souvre lundi à Dakar.
Organisée par le programme
Droits des femmes et participation citoyenne (Dfpc) du Crdi,
la conférence, qui sera introduite par le Pr. Penda
Mbow, enseignante-chercheur à luniversité
Cheikh Anta Diop de Dakar, servira de prétexte pour
« questionner et interroger les processus irréversibles
de la décentralisation, eu égard à leurs
incidences sur les femmes tant pour leur accès aux
services que pour leurs accès et participation aux
processus de prise de décision », lit-on dans
la note dinformation du centre. Selon Mme Thioune, «
les femmes sont les plus impactées par la décentralisation
puisque les compétences transférées les
touchent directement ». Et de citer léducation,
la santé et les ressources naturelles, avant de louer
les efforts du Sénégal qui na cessé
de légiférer dans le sens de la promotion des
femmes. Doù le thème choisi : «
Décentralisation en Afrique subsaharienne : quen
ont gagné les femmes ? ». Dautant que notre
interlocutrice estime que le processus est irréversible,
alors que la préoccupation majeure est dans leffectivité
du respect de leurs droits humains, notamment laccès
des femmes aux instances de prise de décision, en un
mot, la participation citoyenne.
Mme Ramata Thioune a salué
la participation denviron 80 délégués
venus dhorizon divers, « mais avec un accent panafricain
marqué ». Des contributions instructives sont
attendues du Dr. Alison Todes du Witwatersand University (Afrique
du Sud), de la directrice du Centre sur le genre, la recherche
et la formation de Khartoum (Soudan), Mme Asha El-Karib, et
du Dr Rawwida Baksh, chef déquipe Droits des
femmes et participation citoyenne au Crdi. La conférence
sera loccasion de partager les résultats des
recherches en matière de genre pour sensibiliser les
autorités et les chercheurs sur la promotion des droits
des femmes dans le cadre des politiques de décentralisation
qui entrent dans leur deuxième phase en Afrique, alors
quelles en attendent toujours les retombées.
Fara SAMBE