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DEBAT
- Vote du projet de loi sur la parité : Imam Mbaye
Niang, seul contre tous: Le Quotien du Mercrdi 14 novembre
2007
On aurait cru à un procès contre le leader du
Mouvement de la réforme pour le développement
sociale (Mrds), Imam Mbaye Niang. Au cours des débats
en vue de la nouvelle adoption de la révision modifiant
une disposition du Préambule de la Constitution, qui
consacre la parité, Imam Mbaye Niang a reçu
"des missiles" pour sa position "citoyenne"
par rapport à l'égal accès de tous les
citoyens, sans discrimination, à l'exercice du pouvoir
(et) à tous les niveaux. "C'est une loi inutile
que personne ne doit voter", a commenté Imam Mbaye
Niang. "Elle porte préjudice à la femme
et à l'homme. Le problème de la représentativité
de la femme ne se pose pas au Sénégal",
poursuit-il sous l'indifférence totale d'une bonne
partie des députés. "Ni la religion chrétienne,
ni la religion musulmane ne sont favorables à la parité",
renchérit-il.
Mais
à chaque fois qu'il termine son propos au parloir,
ses contradicteurs, à l'image de Ndèye Guèye
Cissé ou encore Amadou Diarra de la majorité,
lui apportent une cinglante réplique, pour défendre
l'adoption de la loi. Même les copies de versets du
Coran distribués ça et là par l'Imam
n'ont pas calmé l'ardeur des parlementaires. "Un
Imam n'a pas sa place à l'Assemblée, mais plutôt
à la mosquée", assène Ndèye
Guèye Cissé. "Nous sommes dans une république
laïque. Il n'existe aucune contrainte religieuse au texte
sur la parité, qui doit être mise dans le contexte
de la Constitution qui consacre l'égalité des
femmes avec les hommes dans les fonctions électives",
a souligné pour sa part, l'honorable député
Alioune Aïdara Sylla, également, de la majorité.
Sur
l'aspect du Coran, le leader du Mrds a aussi enregistré
une vive opposition de la part de Cheikh Tidiane Sy, ministre
d'Etat, ministre de la Justice. En effet, ce dernier s'est
même permis de lire à l'intention des parlementaires,
des versets du Coran qui "approuvent l'adoption de la
loi".
Au terme du vote qui n'a enregistré qu'une seule voix
contre, qui est naturellement celle de l'Imam Mbaye Niang,
des voix se sont élevées, pour saluer la nouvelle
mesure. "L'adoption de cette loi est une réparation
d'une injustice faite à la femme", clame Aïda
Mbodji, du groupe libéral. L'ancien ministre de la
Femme dira aussi que cet acquis est juste un processus que
les femmes doivent se charger, elles-mêmes, de finaliser.
Aly
FALL
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ASSEMBLEE
NATIONALE - Projet de loi modifiant l'article 7 de la Constitution
: La parité revue et adoptée - Le Quotien du
Mercrdi 14 novembre 2007
Le
préambule de la Constitution avait, semble t-il, déjà
résolu la question, en consacrant le droit à
l'égal accès de tous les citoyens, sans discrimination
à l'exercice du pouvoir à tous les niveaux.
Mais, des manquements soulevés au niveau de la forme
avaient poussé le Conseil constitutionnel à
rejeter le projet de loi, au motif que les principes applicables
à la représentation politique interdisaient
toute discrimination entre les hommes et les femmes. Hier,
le nouveau projet de loi sur la parité a fait l'objet
d'âpres discussions, mais au finish, elle a été
adoptée massivement par les parlementaires. En attendant
le Sénat.
Outre la modification apportée à l'article 7,
consacrant la parité, les députés ont
revisité hier, la Constitution pour modifier les articles
63, 68, 71 et 82. Une refonte qui devrait permettre et assurer
une plus grande efficacité de l'action parlementaire,
selon le rapporteur Seydou Diouf. Après la lecture
de son document et quelques considérations apportées
au niveau du fond et de la forme par certains représentants
du peuple et le ministre d'Etat, Garde des Sceaux, Cheikh
Tidiane Sy, qui représentait l'Etat, le débat
a pris place.
Les discussions se sont surtout cristallisées autour
de la parité. Des envolées lyriques ont bercé
l'assistance pendant plus de quatre heures, soit pour défendre
l'effectivité de la parité, soit pour la récuser.
Toujours est-il qu'il s'est agi, selon les mentions relevées
du rapport, de procéder à la modification de
l'article 7 de la Constitution par "l'insertion du principe
de l'égal accès des femmes et des hommes aux
mandats électoraux et aux fonctions électives".
Le but recherché de cette réforme serait de
parvenir à une participation suffisante des femmes
à la vie publique. Même si Imam Mbaye Niang a
essayé "d'attirer l'attention de (ses) collègues
sur les éventuelles dérives de cette mesure",
ou encore l'honorable député Cheikh Bamba Dièye,
qui fait remarquer qu'il ne s'agit pas d'une course-poursuite
vers un trophée, la majorité a néanmoins
plaidé pour l'effectivité de la révision
du projet de loi. L'Hémicycle, qui a enregistré
le plein hier, a vibré de diatribes contre les "détracteurs
des acquis des femmes durant le magistère de Me Abdoulaye
Wade au pouvoir".
Revenant sur la polémique, qui s'est installée
entre les députés sur les mots "garantit"
et "favorise", pour accompagner l'égal accès
des femmes et des hommes aux mandats électoraux et
fonctions électives, le président du groupe
parlementaire libéral, Doudou Wade, a proposé
un amendement pour le maintien de "favorise" en
lieu et place de "garantit" proposé par le
Garde des Sceaux.
Au finish, l'Assemblée nationale a adopté le
projet de loi constitutionnelle, pour "favoriser l'égal
accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux
et fonctions électives". Ainsi, seul l'Imam Mbaye
Niang a voté contre et trois députés,
dont Me El Hadji Diouf, se sont abstenus
.
Si cette modification, qui concernait exclusivement l'article
7 de la Constitution, est adoptée par le Sénat,
elle sera transmise au président de la République
en vue de sa promulgation.
Aly
FALL
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